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La méthode immersive:

D’après le dictionnaire, l’immersion est l’action de plonger, d’immerger un corps dans un liquide. Il en va presque de même en matière d’apprentissage des langues puisqu’il s’agit de placer un individu dans un contexte linguistique dans lequel il va littéralement être baigné.

Plonger un enfant dans un bain de langue consiste en fait à lui dispenser toutes les matières (ou en tout cas presque toutes) du programme dans une langue étrangère choisie, appelée langue cible, avec un enseignant natif de cette langue cible ou qui s’est vu délivrer son diplôme dans la langue cible.

Pour se faire, quelques grands principes sont à respecter:

le contact avec la langue cible doit être qualitativement important,

la langue cible doit être le véhicule de la communication entre les enseignants et les apprenants et, dès que possible, entre les apprenants eux-mêmes;

les matières du programme doivent être enseignée dans la langue cible, de même que les jeux et autres activités diverses;

l’apprentissage immersif doit être mené de manière structurée et systématique afin de faire acquérir , dans un délai assez court, tous les éléments essentiels de la langue ;

un soutien dans la langue maternelle doit être apporté aux enfants par un enseignants différent.

 

A quel niveau s’applique l’enseignement immersif ?

L’apprentissage des langues par immersion peut être pratiqué à tout âge mais son efficacité est maximale lorsqu’il est appliqué à des enfants en bas âge, c’est-à-dire dès la troisième maternelle.

Il est en effet prouvé que l’apprentissage des langues est le plus aisé et le plus rapide au cours des huit premières années de la vie d’un individu. Les résultats sont également plus durables. Tout reste possible après huit ans mais les facultés d’apprentissage diminuent et l’individu commence à percevoir les langues étrangères à travers le filtre de sa langue maternelle.

L’apprentissage des langues par immersion peut être pratiqué à tout âge mais son efficacité est maximale lorsqu’il est appliqué à des enfants en bas âge, c’est-à-dire dès la troisième maternelle.

Il est en effet prouvé que l’apprentissage des langues est le plus aisé et le plus rapide au cours des huit premières années de la vie d’un individu. Les résultats sont également plus durables. Tout reste possible après huit ans mais les facultés d’apprentissage diminuent et l’individu commence à percevoir les langues étrangères à travers le filtre de sa langue maternelle.

 

L’immersion à l’Ecole Communale d’Hargimont:

A Hargimont, l’enseignement en immersion commence dès la troisième maternelle.

Nous avons actuellement dix classes d’immersion: deux classes de 3e maternelle, deux de 1ère primaire, une de 2e primaire, deux classes de 3e primaire, une classe de 4e primaire, deux classes de 5e et 6e primaire.

L’horaire se répartit comme suit: par semaine, les enfants reçoivent 28 périodes d’enseignement (une période = 50 minutes). 18 périodes se donnent en néerlandais et 8 périodes se donnent en langue maternelle. (En 3ème maternelle, 1ère et 2ème primaire) + 2 périodes de cours spéciaux (gym, religion…). En 3e et 4e primaire, les enfants ont la moitié de leur horaire en néerlandais et l’autre moitié en langue maternelle. En 5e et 6e primaire, 8 heures sont données en néerlandais et 18 en français.

La journée se déroule comme une journée de classe tout à fait normale, les activités données sont les mêmes que dans une classe traditionnelle si ce n’est que, lors de la période d’immersion, toutes les consignes sont données en néerlandais. L’accent est surtout mis sur le langage (aussi bien en néerlandais qu’en langue maternelle) afin d’acquérir un vaste répertoire de vocabulaire en néerlandais et de ne pas perdre ses acquis en langue maternelle (ainsi que d’affiner ses connaissances).
Toutes les matières sont abordées, avec comme référent pour les enseignants (francophones et néerlandophones) le socle des compétences, document officiel de la Communauté Française.

 

L’apprentissage de la lecture et de l’écriture:

La première année primaire est l’année de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Cet apprentissage se fait d’abord en néerlandais. Lorsque les enfants ont bien intégré le mécanisme de la lecture, il est abordé en langue maternelle. Il ne s’agit là que d’un transfert puisqu’ils ont les bases. C’est d’autant plus facile que le néerlandais a presque la même phonétique que le français. Les lettres telles que le « m », le « p », le « b », le « a »… ne doivent généralement pas être revues. Il s’agit donc de s’attarder plus sur les sons.

Nous démarrons la lecture et l’écriture en langue maternelle en première primaire à partir de janvier.

Nos élèves de deuxième primaire sont donc capables actuellement de lire en français et en néerlandais. Des petits tests de lecture ont été effectués dans notre école, aussi bien dans les classes francophones que dans les classes d’immersion et le niveau de nos élèves d’immersion est plus que satisfaisant!

De même, les élèves de 2e et 4e primaire immersion participent aux épreuves de fin de cycle et aux épreuves externes proposées par la Communauté Française. Jusqu’à présent, les enfants ne rencontrent aucune difficulté pouvant être attribué à l’enseignement en immersion.

Cette année, nos élèves de 6e primaire se présenteront aux épreuves de fin de 6e primaire en vue de l’obtention du Certificat d’étude de base.

 

Les objectifs de la méthode immersive:

A travers cette méthode immersive, nous nous fixons des objectifs de deux ordres différents : des objectifs d’ordre pédagogique et d’ordre démocratique.

Objectifs pédagogiques

Amener les enfants, en fin de sixième primaire, à des compétences en néerlandais les plus proches possible des compétences d’enfants néerlandophones du même âge.

Amener ces mêmes enfants à des compétences au moins égales à celles des autres enfants non immergés dans toutes les autres matières (français, mathématique, histoire…)

Objectifs démocratiques

Supprimer l’obstacle financier en mettant à la portée de tous un programme d’apprentissage d’une langue étrangère, ne limitant plus cela uniquement aux familles disposées à envoyer leurs enfants à l’étranger ou capables de recourir à des écoles privées.

Nous pouvons également ajouter à cela un objectif culturel, ou socio-culturel, à savoir, offrir aux enfants une ouverture d’esprit et une ouverture au monde et aux autres cultures. Donner aux enfants les moyens et l’envie d’aller à la rencontre des autres en limitant l’obstacle de la langue contribue déjà à former le citoyen de demain.

 

Le soutien en langue maternelle:

L’importance du soutien en langue maternelle est non négligeable pour plusieurs raisons.

Il consiste d’abord à surveiller les capacités langagières des enfants dans leur langue maternelle. Nous ne pouvons déléguer cette charge aux parents uniquement, bien que ce soit tout aussi important.

Deuxièmement, les capacités langagières des enfants doivent être sans cesse enrichies.

Troisièmement, l’enseignement de la langue maternelle doit être donné de telle sorte que les enfants parviennent à un niveau de langage au moins équivalent à celui des enfants non immergés pour leur permettre de passer leur certificat d’études de base en langue maternelle.

Le soutien en langue maternelle est souvent un des points qui angoisse le plus les parents. En effet, le niveau de langue maternelle en Belgique est visiblement en train de régresser. Certains parents sont effrayés à l’idée qu’ un bon niveau orthographique et grammatical ne soit pas atteint. Beaucoup d’employeurs se basent sur ce genre de critères pour sélectionner les candidatures reçues. Ce qui veut dire que négliger ces apprentissages risquerait d’hypothéquer l’avenir des enfants. Tout doit donc être mis en œuvre pour que l’enseignement de la langue maternelle soit qualitativement correct.

Les cours donnés en langue maternelle sont bien évidemment dispensés par des enseignants locuteurs natifs de la langue maternelle et différents de ceux qui enseignent la langue cible. (Il est important, pour les enfants, qu’à un enseignant corresponde une langue).

Un programme immersif non accompagné d’un soutien en langue maternelle serait qualifié « d’immersion sauvage ».

 

Pourquoi le néerlandais?

La méthode immersive convient à l’apprentissage de différentes langues. Cependant, dans un pays bilingue (trilingue pour être correct), le choix du néerlandais semblait s’imposer. L’argument de l’internationalité de l’anglais en tant que langue véhiculaire était également à prendre en compte. Du point de vue des parents, il y avait des partisans des deux côtés. C’est finalement le collège échevinal qui a tranché en faveur du néerlandais.

Il est vrai que, dans la recherche d’un emploi en Belgique, l’atout du bilinguisme néerlandais-français est prépondérant.

 

Les résultats obtenus en immersion:

Après lecture de comptes rendus d’écoles fonctionnant en immersion depuis suffisamment d’années que pour avoir pu faire passer des certificats d’études de base aux élèves, nous pouvons constater que les résultats sont plus qu’encourageants. Le programme suivi étant le même que celui des écoles francophones, les enfants n’accusent aucun décalage particulier, si ce n’est, en début de programme uniquement, en français, puisque l’apprentissage de la lecture et de l’écriture est délibérément retardé pour éviter les confusions et permettre aux enfants de se concentrer exclusivement sur la langue cible (ce retard sera récupéré dès la deuxième primaire, l’apprentissage de la lecture et de l’écriture en langue maternelle étant, à ce moment-là, bien lancé). On pourrait qualifier ce retard de « retard transitoire ».

D’après le Lycée Léonie de Waha, « L’évolution des enfants supporte aisément la comparaison avec celle d’enfants du même âge inscrits dans une école francophone. Rapidement, le décalage en français diminue sensiblement par rapport à une classe non-immersive et nous pouvons affirmer que ces élèves peuvent se présenter en français à l’examen pour l’obtention du Certificat d’Etudes de Base en fin de sixième année avec autant de chances de succès que les élèves des autres écoles. »

De plus, il ressort clairement, pour l’ensemble des classes immersives, que la capacité de travail des enfants issus de ce type d’enseignement paraît plus importante que chez les autres enfants et que leur mémoire, étant davantage sollicitée, semble plus développée.

La fatigue apparaît parfois plus rapidement, souvent l’après-midi, chez les enfants immergés. (Nous avons déjà pu nous en rendre compte chez nous également).

En ce qui concerne l’enseignement de la langue cible, l’efficacité semble incontestable, les enfants les plus avancés dans le programme auraient acquis des compétences remarquables sur quatre plans : l’expression orale et écrite, la compréhension à la lecture et à l’audition.

Il est attesté également que la langue maternelle n’est absolument pas laissée pour compte dans les compétences des enfants et que le vocabulaire maternel reste malgré tout le vocabulaire le plus familier à l’enfant. De même, les apprentissages fondamentaux de la lecture et de l’écriture se font sans difficulté, bien qu’ils soient donnés plus tard dans la scolarité de l’enfant que ces mêmes apprentissages dans la langue cible.

Il apparaît également que les enfants sortant d’immersion seraient dotés d’autres atouts tels que :

« Une activité intellectuelle et générale débordante.

Une motivation importante pour les apprentissages en deuxième langue et à posteriori pour l’apprentissage d’une troisième, voire d’une quatrième langue.

Une prise de conscience de la richesse ainsi que de la diversité culturelle et linguistique de la société.

Un grand intérêt pour les possibilités particulières du bilinguisme et du multilinguisme dans certains pays, et ce dans une plus grande mesure que les enfants monolingues moins sensibles à ces questions.

Une capacité d’effectuer les auto-évaluations nécessaires beaucoup plus réalistes et par la suite d’abolir un certain nombre de préjugés culturels. »*

*Toujours d’après les observations et résultats du Lycée Léonie de Waha